La Libération de Cannes, racontée à des enfants,
cela s'est passé le 7 mai 2010 à la Ferme Giaume à Cannes-La Bocca.
Sur fond de véhicules militaires américains, anglais, français et allemands, 220 enfants de CM1 et CM2 des écoles Bocca Parc, Eugène Vial, Macé, Muriers et Verrerie ont écouté 11 Grands Témoins leur raconter comment, eux qui le 24 août 1944 avaient leur âge, ont vécu la Libération de Cannes.
Deux heures de témoignages agrémentés de musiques de l'époque, d'extraits de discours, d'enregistrements et d'un récit de la guerre et de la Libération de Cannes fait par Jacques Maleyran, président de l'Automobile Club Cannes Côte d'Azur à l'origine et maître d'oeuvre de cette initiative, deux heures de témoignages et pourtant les enfants ont écouté de bout en bout, passionnés et subjugués.
C'est vrai que la 2ème guerre mondiale est à leur programme. Mais là ce n'était pas comme un cours d'histoire même s'il est fait par le plus talentueux professeur des écoles, c'était l'Histoire qui revivait devant les yeux de ces enfants.
Il y avait partout des drapeaux des armées alliées mais aussi des armes, des tentes de campagne, une radio à lampes avec des enregistrements de Radio Londres, des journaux d'avant et d'après la Libération, beaucoup de photos, la presque totalité d'une époque était ainsi recréée grâce au Cannes Groupe Véhicules Historiques d'Alain Sauvan.
Sur scène, les Grands Témoins ont raconté comment ils ont vécu cette journée historique mais dans la foule beaucoup de cannois étaient là et eux aussi se sont souvenus et ont parlé longtemps aux enfants puis encore entre eux après le départ des enfants.
Il y a eu des moments d'émotion par exemple quant Mme Anable Tonner, la belle-soeur de Francis Tonner, a raconté comment ce Résistant, dont la Ville a donné le nom à une de ses rues, est mort sous les balles allemandes ou quand Mme Josette Papazian-Lecointe, dont les parents avaient du fuir le génocide arménien perpétré par les turcs pendant et après la première guerre mondiale, a raconté comment la Libération de Cannes a été sa deuxième Libération: après celle des turcs, celle des allemands.
Mais il y a eu aussi des moments de gaieté par exemple quand Patrick Lefevre à avoué qu'il avait vu arriver des martiens, en fait des soldats américains en tenue de camouflage ou quand Jean-Marie Bargis a parlé du chewing gum qu'il a mâché pendant un mois en prenant bien soin de le mettre tous les soirs dans un verre d'eau ou encore quand Joseph Caglieris, entre autres souvenirs, a parlé lui aussi de chewing gum, celui que ses copains et lui se passaient de bouche en bouche. En ce temps là le chewing gum n'était en vente nulle part et la plupart de ces enfants n'en avaient jamais eu jusqu'à ce jour de joie que fut le 24 août 1944.
Geoget Daumas, lui, a fait revivre le changement : de la peur sous les allemands à la joie avec les américains, de l'oppression à la liberté. Joie, peur, tous ont insisté là dessus à travers leurs souvenirs un peu déformés par le prisme de leur regard d'enfants de jadis : Serge Blond, Paul Hoijtink, André Sératore, Georges Monteil, Gérard Cappa.
Maître Chantal Azémar-Morandini, Adjointe aux Anciens Combattants et qui représentait le Député Maire Bernard Brochand, a clos la rencontre. La Libération de Cannes, elle la connait surtout à travers son père et son grand père mais avec des mots touchants elle a su apporter son propre témoignage et a pu dire à ces enfants :
" Voilà, maintenant vous savez. Souvenez vous et à votre tour un jour racontez tout cela à vos propres enfants et petits enfants.
"Cannes a été libérée. Cannes est comme la France: libre.
"Mais aujourd'hui encore la guerre continue dans le monde. Oeuvrez pour que tous les combats soient à jamais mis hors la loi."
Les enfants ont souhaité revenir.
Les anciens aussi.
Le Président de la M.J.C. M. Guy Camps et Mme Françoise Bruneteaux, Adjointe déléguée à la Jeunesse, sont d'accord, alors à l'an prochain le 7 mai 2011 à la Ferme Giaume pour que d'autres à leur tour racontent ou écoutent comment s'est passée la Libération de Cannes, un beau jour d'été 1944.
Jacques Maleyran
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